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Huile de palme : la marche vers la durabilité continue


Graines et huile de palme.

Graines et huile de palme.

L’industrie de l’huile de palme est source de déforestation, de changements climatiques et de violations des droits de l’homme. Tels sont les arguments avancés par les ONG de défense de la nature pour décrédibiliser le produit huile de palme. Pour se défendre et redorer l’image de leur secteur, de nombreuses entreprises se sont engagées à s’approvisionner en huile de palme durable, c’est-à-dire une huile qui prévient la déforestation, respecte l’environnement et les populations locales.

Créée en 2004 pour promouvoir l’huile de palme durable, la Roundtable for Sustainable Palm Oïl (RSPO, Table ronde sur l’huile de palme durable) reste le référentiel de durabilité de l’industrie de l’huile de palme. Elle a pour but de responsabiliser le marché de l’huile de palme en poussant les entreprises à s’approvisionner en huile de palme certifiée. Cependant, son principe d’adhésion est basé sur le volontariat. Même s’il est nécessaire de fournir un rapport annuel positif sur les progrès en matière de durabilité.

Tout compte fait, on peut s’en retirer à tout moment. Et cela reste problématique, du fait que les mauvais acteurs peuvent encore largement sévir en proposant de l’huile de palme ne respectant pas les règles fondamentales (environnementales et celles liées aux droits de l’homme) éditées par la RSPO.

Pour tenter de palier à cette insuffisance, de plus en plus d’organismes d financement exigent de leurs clients d’être membre de RSPO. C’est également le cas pour les entreprises du marché qui, elles aussi, exigent de plus en plus que leurs fournisseurs soient membre de la RSPO. Sans compter les consommateurs qui se tournent plus vers les produits contenant de l’huile de palme certifiée durable, sous l’influence des « campagnes anti-huile de palme » amplifiées par les médias.

En outre, plusieurs entreprises migrent de plus en plus vers le « durable », Unilever en tête. L’entreprise a lancé, en 2010, « le plan Unilever pour un Mode de Vie Durable ». Celui-ci devra permettre de « doubler la taille des activités tout en réduisant son impact environnemental et en augmentant de façon positive son impact social ». Nombreuses sont les grandes sociétés qui vont dans ce sens en respectant notamment à la lettre les certifications demandées par les entités de « surveillance ». L’objectif, aussi ambitieux soit-il, est d’atteindre 0 % de déforestation.

Lors de la conférence annuelle de la RSPO qui a eu lieu en 2013 en Indonésie, toutes les grandes entreprises ont tenu un discours rassurant et engagé. Une sorte de co-entreprise a même été créée entre les firmes et les ONG influentes comme WWF ou Green Peace. Il a été rappelé qu’il n’est pas uniquement nécessaire d’être membre de la RSPO pour agir dans le bon sens, il faut aussi surveiller toute la chaine d’approvisionnement auprès de ses fournisseurs. Plus facile à dire qu’à faire, mais les bonnes volontés semblent être réelles.

2015 apparait comme une date charnière dans le cadre de ces engagements. En effet, cette année doit marquer la fin de l’utilisation de la « mauvaise huile de palme » et le début de l’utilisation « exclusive » de l’huile de palme certifiée durable. Et, beaucoup reste à faire.