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Rien n’arrête les prix de l’huile de palme


Les prix de l’huile de palme ne font que grimper depuis un an et demi, et ont atteint un nouveau record cette semaine. Face à cette situation, le gouvernement indonésien a décidé de limiter les exportations pour éviter le chaos sur le marché local.

Un agriculteur récolte des fruits de palme dans une plantation de palmiers à Langkat, dans la province indonésienne de Sumatra du Nord. (Image d’illustration) REUTERS – Roni Bintang

Le secteur de l’huile de palme ne s’est jamais aussi bien porté. Quand on sait que le seuil de rentabilité de la culture est d’environ 300 dollars la tonne, à près de 1 400 dollars ces jours-ci, les bénéfices s’accumulent. « Je n’entends personne se plaindre », résume Alain Rival, expert de la filière pour le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

Dans ce contexte inédit, l’Indonésie, premier exportateur, s’inquiète pour son marché intérieur. Depuis le 11 janvier, les autorités ont pris trois décrets pour stabiliser les prix de l’huile de cuisson vendue sur le territoire. En vain. La semaine dernière, le gouvernement a donc fait un pas de plus en imposant aux industriels l’obligation de garder 20% de la production pour le marché local.

40% d’augmentation sur le marché indonésien en un an

L’huile de palme est une denrée de base très consommée dans le pays pour la cuisine et l’industrie – 5,7 millions de tonnes par an. Jusqu’à la pandémie, elle ne pesait pas lourd dans le panier de la ménagère. Mais avec 40% d’augmentation sur les marchés locaux, en un an, les autorités craignent de voir la grogne monter… alors que des élections se profilent en 2023. Mais cette mesure suffira-t-elle ? Hier, le Jakarta Post s’inquiétait de la capacité du gouvernement à contrôler les exportations et pointait une politique radicale basée sur un diagnostic de la situation trop superficiel.

La Malaisie, l’autre géant du secteur, n’a pas encore pris de telles mesures. Le marché local est beaucoup plus petit, c’est sans doute la raison. Mais dans le pays et aussi en Thaïlande, on regarde la situation avec préoccupation.

La décision indonésienne n’a fait visiblement qu’ajouter de la tension sur le marché. Mais cette hausse des cours internationaux s’inscrit avant tout dans le sillage d’un pétrole dont les cours grimpent depuis plusieurs semaines, au profit des bio-carburants. « Quand le pétrole éternue, l’huile de palme s’enrhume », rappelle l’expert du Cirad.

Tendance à la hausse aussi pour les autres huiles

Les autres huiles suivent une ascension parallèle : « Les prix de l’huile de soja sont soutenus par d’abondants achats à l’importation, en particulier de la part de l’Inde, tandis que les prix de l’huile de colza ont été portés par la poursuite du resserrement de l’offre », pointe ce jeudi l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation qui rappelle que l’huile de tournesol est aussi prise dans la même tourmente.

Conséquence de cette hausse pour l’huile de palme, l’attractivité pour la culture ne risque pas de faiblir, au grand dam des défenseurs d’une culture plus raisonnée. Le palmier est trente fois plus rentable que le riz, à l’hectare, et demande moins d’entretien. Alors difficile aujourd’hui de convaincre un paysan de produire moins.

Source : RFI